Vaste monde que celui de la Haute Fidélité, HiFi en abrégé.
Mais sutout monde objet de tous excès, tant en matière de polémiques, que de performances voire d'extravagances.
Tout cela pour prendre la place des gros postes de salon ou des meubles appelés aussi combinés radio.
La première caractéristique du monde de la HiFi est la séparation des éléments de la chaine. Ainsi, au gré de sa fantaisie, de ses gouts et/ou de son budget, l'auditeur, rebaptisé pour la circonstance "audiophile" piochait dans le catalogue de chaque constructeur le ou les éléments qui allaient constituer sa chaine sonore, oubliant trop souvent que la qualité d'un ensemble haute fidélité dépend d'abord et avant tout de celle de son plus mauvais élément, tout en en négligeant systématiquement le maillon pourtant le plus important, le local d'écoute : en fonction d'icelui, un bon électrophone procurait un confort d'écoute aussi convaincant qu'une chaine de plusieurs milliers de francs d'alors !!
Les débuts de la HiFi, c'était le règne du grand n'importe quoi, jusqu'à ce que les Allemands définissent une norme, la célèbre DIN 45500, aujourd'hui très largement dépassée mais qui au début des années 70 permettait d'apposer le label HiFi sur tout matériel répondant à ses caractéristiques minimales.
Ci-dessous quelques notions à connaitre pour chaque maillon, afin de s'y retrouver dans l'inextricable maquis de la HiFi.
Un site ne suffirait pas pour raconter tout ce que l'homme a conçu et fabriqué avec le label HiFi, des inventions les plus sophistiquées au élucubrations les plus loufoques. En dehors de quelques nostalgiques de cette époque extraordinaire plus grand chose ne subsiste, le progrès aujourd'hui s'appelle MP3, un son insipide qui n'a plus grand chose à voir avec la Haute Fidélité. Hélas, c'est le son de tous les jours, les plus jeunes d'entre nous n'en connaissent pas d'autre.
J'ai aussi un petit lecteur MP3, bien pratique il faut l'avouer. Mais je ne voudrais me séparer de mon vieux "matos" pour rien d'autre, et je me flatte d'écouter régulièrement quelques vinyles de la grande époque, certains ne sont même pas stéréo. La vie est ainsi faite de petits bonheurs...
Amplificateur
A lampes ou à transistors, les plus recherchés sont à lampes, le fameux "son tubes".
La norme minimale est 20-20000 à <0.1% THD à la puissance nominale, en clair reproduire des fréquences de 20Hz jusqu'à 20KHz avec une quantité de distorsion harmonique inférieure ou égale à 0,1%
A propos de la puissance de l'amplificateur, il y a eu depuis quelques années inflation de normes, de plus en plus fantaisistes, puissance musicale, crête, crête à crête et autres labels exotiques.
La seule valeur universellement admise est la puissance RMS (ou efficace) calculée avec 0.1% THD avec une charge de 5 ohms si l'appareil est européen ou 8 ohms s'il vient d'outre atlantique (précision importante lors du choix de l'enceinte.
Tuner
Un tuner HiFi doit avoir une gamme FM, pas nécessairement stéréo, couvrant la bande de fréquence minimale de 87,9 MHz à 99,8 MHz (europe). Dès le début des années 60 la BP FM a été étendue à 104MHz et a été universalisée à 88~108MHz une dizaine d'années plus tard.
Tous les tuners modernes sont stéréo et couvrent donc la bande 88~108 MHz. L'avènement du transistor et sa diversité ont permis d'obtenir des récepteurs ultra performants, recours aux transistors MosFET (à effet de champ), circuits à verrouillage de phase (PLL), etc.
Avec les tuners à affichage digital sont apparus les présélections multiples, de quoi bénéficier d'un très grand confort d'utilisation.
Nul ne sait aujourd'hui ce que les autorités "compétentes" nous réservent, il est fait état de plus en plus à l'avènement de la RNT (pendant radiophonique de la TNT), décision peu évidente à prendre, sachant que cela impliquerait le remplacement de l'intégralité des récepteurs actuels (plusieurs dizaines de millions d'appareils) avec une incidence politique, sociale et économique non négligeables (plus aucune fabrication locale). Il est urgent d'attendre ?
Amplis tuner
C'est la combinaison de choix puisqu'elle réunit l'ampli et la radio.
La différence entre l'ampli tuner (A/T) et le combiné est que ce dernier est obligatoirement vendu avec sa paire d'enceintes.
La plupart du temps un même constructeur rassemblait
dans un même coffret l'ampli et le tuner qu'il vendait par ailleurs en léméments séparés, ce qui engendrait une économie de coffret et de blocs d'alimentation.
Aujourd'hui encore, ce choix reste d'actualité
pour qui veut se rééquiper "à l'ancienne".
Platine magnétos "open reel"
1963 est l'année de la commercialisation de la Compact Cassette (brevet Philips), et qui annonce le déclin de l'open reel, le magnétophone à bobines dont le plus célèbre représentant est bien évidemment le REVOX qui a trainé dans TOUS les studios et TOUTES les stations de radio. Le ruban de 6,35 cm de largeur défile devant une tête magnétique à la vitesse de 9,5 ou 19 cm/s (la vitesse 38 étant réservée aux versions studio). La tête de lecture était séparée en deux afin de permettre la lecture et l'enregistrement de deux pistes simultanément, indispensables pour restituer la stéréo. Par la suite les normes évoluèrent pour aboutir à des versions 4 pistes permettant de multiplier par 2 les durées d'enregistrement, puis par 4 en abaissant la vitesse à 4,75 cm/s, voire 2,38 (uniquement pour la parole, norme aussi éphémère que les disques 16 tours).
Les magnétophones open reel possédaient une dynamique exceptionnelle (à 19cm/s) voisin du CD mais avec un rendu sonore incomparable car analogique.
Leur principal inconvénient était le manque de souplesse : poids, encombrement, fragilité des rubans, complexité de l'insertion des bandes magnétiques et possibilité de bobiner à l'envers !
Il faut en avoir un dans sa collection HiFi, l'idéal étant de le laisser raccordé à sa chaine de salon.
Platine cassette
Pour justifier du label, elles doivent nécessairement comporter une commutation "Cr" (chrome), type de ruban magnétique intégrant de la poussière de chrome (ou équivalent) permettant l'enregistrement de fréquences supérieures à 10KHz.
Par la suite, les fabricants de supports magnétiques imaginèrent les bandes "double couche" (FeCr) une couche fer pour les basses, une couche chrome pour les aigus, puis les bandes metal, très fragiles mais à la dynamique impressionnante.
Les meilleurs éléments possèdent un circuit spécial réducteur de souffle, le standard est le "DOLBY B" D'autres réducteurs eurent leur moment de gloire tels le DNL de Philips, le Hi-COM de Telefunken, version grand public du remaquable TelCom4 ou encore le DBx.
Cellule
Trois méthodes de capture de la vibration de l'aiguille et la création d'un courant électrique, la cellule piezo (ou cristal) la cellule magnétique (la plus répandue) la cellule à bobine mobile (nécessitant un circuit électronique spécial, réservé au matériels haut et très haut de gamme).
Plusieurs dizaines de spécialistes se sont essayés
dans cet exercice délicat, le plus connu d'entre eux est sans conteste SHURE avec trois références quasi universelles : M44 (pointe sphérique) M71 et M95 (pointe elliptique).
Parmi les autres, citons ADC (XLM), Philips (GP412) et Ortofon
(V15E)
Enceinte
Une, deux, trois, voire quatre "voies", elles sont toutes construites selon le principe de l'enceinte close, Bass Reflex s'il existe une ouverture pour laisser s'échapper l'onde arrière. S'il est difficile d'imaginer un seul haut parleur pour reproduire fidèlement l'ensemble du spectre sonore, il est apparu très rapidement que la multiplication des voies était une alternative plus que contestable, le filtre permettant la séparation des fréquences devenant de plus en plus complexe à réaliser. Il vaut mieux une bonne 2 voies plutôt qu'une mauvaise 3 voies.
Le gros problème de l'enceinte réside en une phrase : que faire de l'onde arrière ?
En effet, la membrane d'un haut parleur se déplace d'avant en arrière, produisant simultanément une onde avant et une onde arrière, cette dernière devenant très vite parasite. La solution idéale est le baffle infini, schématiquement on perce un trou dans le mur, l'onde avant va vers l'auditeur, l'onde arrière se répand dans l'infini : zéro défaut. Pas facile à mettre en oeuvre. D'où le recours à l'enceinte close : l'onde arrière est emprisonnée dans une boite fermée. Problème : quand l'onde arrière atteint le fond de la boite, elle repart dans l'autre sens et vient heurter la membrane du HP, alors occupée à traduire un autre son et crée ainsi un son parasite qui vient brouiller le message. Le remède (imparfait) consiste à noyer vette onde arrière dans un épais matelas de laine de verre, coton ou équivalent, ce qui rduit le rendement de l'enceinte et nécessite alors l'appui d'un amplificateur puisant.
De là est née l'enceinte "bass reflex" : en perçant un second trou dans la face avant,on permet l'évacuation de l'onde arrière vers l'avant, augmentant ainsi l'effet basses de l'enceinte. Le secret réside dans le calcul de l'évent, diamètre et taille du tube conducteur, car il faut "synchroniser" les deux ondes afin qu'il n'y ait pas de décalage de phase entre les deux ondes.
Mais il existe bien d'autres solutions, ce qui fait dire que l'enceinte est l'élément le plus délicat à mettre au point dans une chaine HiFi.
Platine disque
On a tout essayé pour éliminer les fréquences parasites, à commencer par les bruits de transmission.
Trois méthodes d'entrainement du plateau :
- entrainement par galet.
un galet est coincé entre l'axe du moteur et le bord intérieur du plateau,
- entrainement par courroie.
une courroie souple relie l'axe du moteur et un contre plateau
- entrainement direct.
1/2 moteur (stator) est fixé au châssis et l'autre 1/2 moteur (rotor) fixé au plateau.
La courroie est le meilleur système, en tous cas le plus simple surtout si le moteur est de bonne qualité (au moins 16 pôles). Il faut toutefois nuancer : en effet les courroies de transmission, habituellement réalisées en néoprène ont la fâcheuse habitude de se déliter avec le temps et "coulent" littéralement se transformant en un magma malaisé à éliminer.
Trois types de bras :
Le droit, le le plus répandu, le plus simple aussi, mais aussi celui qui génère le plus d'erreur d'angle, problème partiellement résolu en augmentant la longueur du bras.
en "S", le plus contesté parce qu'il induit souvent une résonnance gênante qui ne peut disparaitre qu'au moyen d'un filtre "passe haut" sur l'amplificateur. Imaginé par la firme SME, sa forme particulière trouvait sa justification dans la réduction de l'erreur d'angle, elle a été reprise par toutes les productions japonaises.
Le tangentiel, le plus fragile, un moteur faisant tourner une vis sans fin sur laquelle est fixé le bras : gros avantage, la disparition de l'erreur d'angle ; inconvénient : une mécanique complexe, fragile et onéreuse.
Aujourd'hui, le vinyle semble trouver un second souffle, c'est une bonne chose : attention toutefois à ne pas succomber à cette mode sans précaution : la plupart des platines proposées en occasion sont en piteux état parce que transportées sans aucune précaution : bras tordus, axes faussés, cellules détruites, câbles arrachés, bref une belle déception pour le nouvel acquéreur. Oui il est possible de se procurer un bon tourne disques HiFi, mais il vaut mieux en confier la recherche à un connaisseur.
Combiné
Digne successeur de l'antique meuble radio, le combiné réunit systématiquement trois éléments : l'ampli, les enceintes et au moins une source sonore, la plupart du temps il y a deux sources : le TD et la radio.
Cette formule "tout en un" n'a connu qu'un succès mitigé, car aucune possibilité d'améliorer sa composition, mais, surtout un problème de gabarit, hormis quelques réalisations compactes, la quasi totalité des combinés étaient disposés à l'horizontale ce qui les rendait peu logeables.
C'est d'autant plus dommage que ces combinés étaient judicieusement équilibrés dans leur composition
(tel le célèbre Braun Audio 308).
En conclusion
Pour réaliser une bonne installation haute fidélité, il faut quatre ingrédients. Trois sont archi connus, le quatrième est systématiquement négligé, et pourtant !!!
Il faut un amplificateur (élément 1), un système reproducteur acoustique (élément 2), une source sonore (élément 3) et un local d'acoute (élément 4).
Sachant que la règle intangible de la HiFi est que une chaine ne vaut que ce que vaut son plus mauvais maillon, il devient évident qu'il est inutile d'engloutir des sommes faramineuses dans un matériel d'exception si c'est pour l'écouter dans une pièce en béton. Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en le disant ;-)